Toi aussi mon fils !

Publié le par Norby

Bonjour,
 
 
Après « Alea jacta est », nous allons parler d’un autre mot historique concernant Jules César. « Toi aussi mon fils ! » seraient, d’après la « légende », les derniers mots prononcés par Jules César.
Racontons, en quelques mots, la disparition de ce grand homme politique et chef militaire de la fin de la République. Après avoir conquis les Gaules, affronté Pompée dans une lutte d'influence pour le pouvoir absolu et regagné la capitale, Rome, Jules César cumule les titres et fonctions et concentre le pouvoir. Les institutions de la République sont vidées de sens. Il porte un habit quasi royal et reçoit la dictature* perpétuelle le 14 février 44 avant Jésus-Christ. Même si, le lendemain, à la fête des Lupercales, il fait mine de refuser à plusieurs reprises le diadème proposé par Antoine, dans les faits, sans en avoir le titre, il est presque roi !
Il faut savoir que les Romains ont une mauvaise image de la royauté en générale**, ce qui explique la conjuration montée contre César. 24 comploteurs, 23 coups de couteau dans la Curie du théâtre de Pompée (Trebonius était occupé à retenir Antoine).
Jules César se serait écrié « toi aussi mon fils » en s’adressant à Brutus. ce qui pose deux problèmes 
1 / Existe-t-il un véritable lien de parenté ou est-ce une expression pour rappelé à Brutus sa clémence alors qu’il était un ancien partisan de Pompée ?
2 / Kaï sù, tèknon ou Tu quoque mi fili ? L’exclamation a-t-elle été prononcée en latin ou en grec : si, dans un moment fatidique, Jules César s’exprime en grec, c’est  assez révélateur du niveau d’intégration de la langue grecque dans la culture romaine… Que de mystères dans une si petite phrase !
Edit : à la suite du commentaire de Nez-Tordu, que vous pouvez lire plus bas, j'ai fait quelques recherches. Les vies de Plutarque sont dispo' sur internet (si c'est pas merveilleux !). Pour notre Jules, on clique ici ! ou si ça marche pas on clique là
 
Norby
 
* la dictature, dans l’Antiquité romaine, est une magistrature légale bien qu'exceptionnelle !
**Schématiquement,  l’histoire romaine se divise en 3 parties : Royauté, République, Empire : si on sait que les derniers rois étaient entourés d’une légende noire, on comprend mieux pourquoi Jules César, ni les Empereurs n’ont jamais prétendu à ce titre !

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kortex 13/12/2005 22:26

"ah ils sont fous ces romains" Obélix

Nez-Tordu 13/12/2005 00:49

Non plus !

Norby et Kortex 13/12/2005 00:54

Réponse de Norby : C'est très fâcheux... il y a peut être une démarche spéciale à faire pour faire un lien sur Wikipédia... j'avoue être trop fatiguée pour m'y intéresser ce soir (paresseuse !)
bon ! pour ceux que ça intéresse : on va sur Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
on tape Plutarque et en bas sur Wikisource propose des textes de Plutarque dans le domaine public et là on cherche : Vie de César...
bonne nuit Nez tordu !

Nez-Tordu 11/12/2005 11:41

« Lorsqu'à Rome la division éclata entre César et Pompée, et que, dans la guerre qui s'alluma , tout l'empire se partagea entre ces deux rivaux, on ne douta pas que Brutus, dont Pompée avait fait mourir le père, ne se déclarât pour César: mais il sacrifia son ressentiment à l'intérêt public; et, persuadé que les motifs de Pompée pour prendre les armes étaient plus justes que ceux de César, il embrassa la cause de Pompée. Malgré cela, César témoigna pour lui le plus vif intérêt: il recommanda à ses officiers de ne pas le tuer dans le combat, et, s'il se rendait volontairement, de le lui amener; s'il se défendait contre ceux qui l'arrêteraient, de le laisser aller, et de ne lui faire aucune violence. Il voulait, dit-on, en cela obliger Servilie, mère de Brutus; car dans sa première jeunesse il avait eu des habitudes avec cette femme, qui l'aimait éperdument : et comme Brutus naquit pendant que cette passion était dans toute sa force, César se persuada qu'il en était le père. »
Plutarque « La Vie des Hommes Illustres »