suite des expositions

Publié le par norby saint

Armory Show / U.S.A. 1913

Les avant-gardes modernes européennes débarquent outre-Atlantique : comment la suprématie américaine en art s’est construite.

La seule importance de cette exposition est d’avoir introduit le public américain aux avant-gardes artistiques européennes avec d’excellentes rétrospectives de l’art français, italiens, allemands, hollandais,…

De plus le système d’expositions était extrêmement sophistiqué, ont peut même dire qu’il était aussi important que les œuvres exposés. Voilà.

Salon des Artistes Indépendants / New-York 1917

Une remise en question de l'objet artistique : une étape importante de l’art contemporain….

Depuis plusieurs années l’Europe est déchirée par la guerre. Certains artistes ont réussit à la fuir (par je ne sait quel miracle…) et ils organisent un concours. Cependant après les expériences des impressionnistes, des cubistes, des expressionnistes, art déco, art nouveau, des dadas qu’est-ce qu’un objet d’art ? On peut convenir qu’un objet artistique n’est pas un objet comme les autres, non ?

Il de différencie tout d’abord d’un objet usuel par le fait que sa seule " fonction " soit d’être regarder (d’où le nom de " beaux " arts voir les classifications historiques la semaine prochaine). On ne s’en sert pas vraiment. Et si il est regardé c’est parce ce qu’il incarne des notions artistiques : la beauté, les valeurs d’une société, un absolu ou une transcendance de je-ne-sais-quoi…pour nous intéressé il faut qu’un objet nous parle de quelque chose au-delà de lui-même. Blablablablabla. Ils titrent ils signent et voilà. Si j’ai oublié des éléments je m’en excuse mais il me semble que cette description sommaire soit relativement correcte, qu’en pensez-vous ?

Revenons au Salon des Artistes Indépendants, dans les membres du jury il y en a un qui s’ennuie ferme et il s’interroge sur les notions citées plus haut. Cet homme n’est pas n’importe qui : il s’agit de l’homme dont André Breton, chef de file des surréalistes, disais qu’il était l’homme le plus intelligent de son époque. Alors pour tromper l’ennui dans lequel le plonge ce salon il envoi anonymement au jury un objet tout fait, avec le minimum de travail pour " artisisé " un objet usuel. Le jury crie au scandale : ils découvrent un urinoir retourné, baptisé " Fontaine "et signé d’un nom mystérieux : R. Mutt. Cet objet tout prêt est le premier de la série des ready-made (=objet tout prêt, ça va c pas compliqué) et Marcel Duchamp, son créateur et membre du jury, ne fera rien pour le défendre.

Cet événement aurait pu rester au rang de l’anecdote si on excepte le contexte artistique de l’époque : cet iconoclasme fascine les dadas à qui l’on rattache depuis Duchamp. Le mouvement dada naquis en Europe de l’est sous l’impulsion du tchèque Tristan Tzara, leur but était de s’opposer aux conventions bourgeoises (et finalement de s’opposer à tout et tous). De nombreux dadas rejoignirent le mouvement surréaliste. Ce qui fascine les dadas et qu’il montre qu’en questionnant l’environnement même de l’objet, notre rapport à l’objet change lui aussi. Cet événement influencera énormément les mouvements suivants : Le pop art par exemple car il parle lui aussi de la ré-appropriation des objet de consommation de masse ( l’urinoir en question était fabriqué en grande quantité), rendez-vous en 1956.

 

 

Exposition de L’Art Dégénéré / Munich 1937

Une réalité historique.

Cette date n’est pas normalement citée dans l’histoire de l’art. Pourtant, tout comme le salon des refusés de 1863, elle marque dans le temps une attitude face aux nouveaux courants plastiques, mais qui est à l’inverse du salon précédemment cité mue par une idéologie violente.

Pour cela il faut re-contextualiser l’époque : le national socialisme est au pouvoir. Il souhaite utiliser l’art comme propagande de l’idéal aryen. Les œuvres en contradiction avec l’idéal du régime sont brûlées :qu’elles soient littéraires ou plastiques. Comme vous avez pu le voir précédemment de nombreux mouvements remettent en cause les normes traditionnelles (dadas, expressionnisme, cubisme, etc.).

Rétrospectivement, le choix des nazie en matière d’art dégénéré concerne tous les artistes marquant de cette époque. Plusieurs critères déterminent ce choix.. La haine raciale est au cœur des objectifs de cette exposition : les cubistes et les expressionnistes (mouvement allemand) ont reconnu les œuvres d’autres cultures (Afrique et Océanie), pour les nazie il s’agit d’une perversion de l’art germanique : la " race " la plus pure ne peut culturellement se corrompre auprès des cultures de " race inférieure ". Les débats artistiques ont fait rage auprès des dirigeants nazies: finalement Hitler a tranché pour la position la plus radicale.

Les raisons qui concerne chaque artistes sont très intéressantes. Certains comme Chagall par exemple sont tout simplement juif, par sa stigmatisation les nazis renforce l’antisémitisme. D’autres comme G. Grosz ou O. Dix  ont vécu les horreurs de la première guerre mondiale et sont devenus pacifistes, par leurs peintures ils ont tournés en dérision le militarisme de ce régime. D’autre comme Franz Marc (mort au combat en 1916) furent défendus par certains nazi qui pensait que s’il n’était pas mort il aurait été un des plus grands artistes de son temps. Peut-être que son évolution n’aurait pas plût car il fut un admirateur de Kandinsky (1er peintre abstrait : je vous aie envoyé la semaine dernière la première peinture abstraite auprès de celle de Malévitch) accusé d’avoir inventé un langage morse. Je ne ferais pas la liste complète car il y aurait trop à noter ! Je finirais juste par vous parlez d’Emil Nolde. Ce grand chef de l’expressionnisme fut un temps membre du NSDAP, mais il sera considéré comme suspect et dangereux pour les nazis et en 1941 on l’interdira de peindre. Il figure lui aussi dans cette exposition.

Les chefs nazis souhaitaient voir raillé ces œuvres. Pourtant les mentalités avaient eut le temps de changé depuis le salon des refusés de 1863. Les avancés et les recherches des impressionnistes été désormais comprises du public. Leurs prédécesseurs ne faisaient pas toujours l’unanimité mais ils ne déclenchaient plus l’hilarité dont fut témoins le salon des refusés. La vente (de ce qui n’avait pas été brûlé) vit accourir des collectionneurs du monde entier et fut par conséquent une réussite. On ne peut nier que cette exposition accueillis les plus grands artistes de l’époque.

 

Publié dans Le mot du jour

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