Les expositions marquantes du XXe siècle (3/3)

Publié le par Kortex

Article publié par Kortex

This is Tomorrow / Londres 1956

Naissance du pop’art et volonté politique de rayonnement culturel (petit prétexte pour moi de vous ouvrir à d’autres réalités : " la vérité est ailleurs ")

1956 : début des trente glorieuses. Notre société de consommation de masse vit ses plus belles heures, et vis à vis de cette consommation de masse se développe une culture spécifique qui en est la conséquence directe : la culture de masse ( surnommée depuis sous-culture). Petites précisions sur ce qui constitue cette culture :les stéréotypes de la publicité, le cinéma, la mode, les B.D./comics, le star-system, et de manière générale tout ce qui touche aux mass-médias.

Les graphismes des mass-médias est de plus en plus utilisés dans les arts appliqués, puis ricoche vers les " beaux arts ". C’est ainsi qu’il se retrouve dans l’exposition " this is tomorrow " et qu’un critique baptise cette mouvance par rapport à un tableau de Richard Hamilton. Ce tableau se nomme "Just what is it that makes our today’s home so different, so appealing ? "  (= mais qu’est ce qui fait que nos maisons d’aujourd’hui sont si différentes, si attrayantes). Dans ce tableau ont peut voir un collage d’une sucette faisant office de raquette à un body builder avec écrit dessus " pop ".

Le pop art est une mouvance anglo-saxonne. Il y a le courant anglais qui est fasciné et ironique sur l’américan way of life, et le courant étasuniens, plus cynique. C’est à cette date aussi (l’après-guerre) que les Etats-Unis décide de mener une politique de rayonnement culturel . Cette politique va rencontrer deux mouvements majeurs du siècle : l’action painting et le pop art, avec chacun leur figure charismatique : Jackson Pollock pour le premier et Andy Warhol pour l’autre. L’Amérique de cette époque était prête à supplanter les avant-gardes européennes les artistes américains ayant pu profiter des recherches des modernes avec l’Armory show et la venue de plusieurs grandes figures durant les deux périodes de guerre (Duchamp, les professeurs du Bauhaus, des surréalistes, ect).

Le pop art réaffirma aussi l’importance de la représentation, affirmant son importance face au médium d’exposition et face à l’abstraction. J’ajouterais aussi que de très grands artistes américains passèrent de l’action painting au pop art, tel Jasper Jones, bien que Pollock et Warhol se haïssaient.

Art In Situ /Partout et ailleurs…

Est-ce la fin des musées ?

Alors pour répondre à cette question fatidique je vous demanderais de vous remémorer la fontaine de Duchamp (1917). En effet depuis les avant-gardes (qui occuperont mon thème de la semaine prochaine), chaque mouvement à chercher à casser des conventions et à aller à la limite de ce que l’on nomme " art ". On peut constater que le travail de Duchamp sur l’urinoir questionne l’objet d’art mais aussi la sacralisation de ce même objet par sa place à l’intérieur d’un musée. Ainsi cette " fontaine " perdrait toute sa portée artistique hors de ce type d’institution. Je sais que certains d’entre vous sont encore peu convaincu de la portée artistique de l’objet cité précédemment (n’est-ce pas An-so) mais ce raisonnement doit être compris avant que je développe l’art in situ.

Les plus malins (ou les plus cultivés) auront compris que l’art in situ signifie tout simplement " art sur site " c’est à dire de l’art en dehors du musée. Vous comprenez le parallèle avec Duchamp. Le premier courant fut le land art avec " Spiral Jetty ". A travers cette extraction du musée, les règles et les conventions de ce qui est art disparaissent. Ce type de courant apparu durant les années 70, il marque une opposition à la sacralisation dont je viens de parler et aussi un retour à la nature. Il y a aussi de façon plus marqué un rejet du marché de l’art, puisque rien n’est à vendre ( ce qui rappel aussi le but de l’art conceptuel). On peut remarquer aussi avec le land art que les œuvres n’étaient pas destinées à la postérité : au contraire leurs destructions naturelles fait entièrement partie de l’œuvre. Le land art est très marqué dans le temps mais l’art in situ a encore de beaux jours devant lui (autre exemple : les emballages de Christo).

Cependant ne vous inquiétez pas : les musées sont loin d’être mort. En effet ont ne peut que constater l’art d’aujourd’hui n’entre pas vraiment dans le cadre de nos si différentes et si attrayantes maisons. La place manquerait entre les happenings, les installations et l’art in situ. Cette fin de siècle est d’un point de vue artistique marquée par une multitude de médiums (vidéos, installations, performances, peintures, photos, affiches, …). Il est trop tôt pour dire quels sont les mouvements marquants depuis les années 80. Je me risque à une remarque :tout d’abord la séparation entre les arts déco et les beaux-arts est totalement morte, en outre les courants les plus marqués découlent de l’architecture et du design :le high-tech et le postmodernisme (n’est ce pas Sandrine). Si ces deux courants vous intéressent, ils peuvent faire l’objet d’un autre mot du jour. ^_^

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Adeline 04/03/2005 16:28

SAlut ! C'est très interessant, et ça permet de mieux situer le pop-art ... surtout quand on a une analyse d'oeuvre a faire sur Andy Warhol !! Continuez !
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