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Le mot culturel du dimanche

Dimanche 7 novembre 2004 7 07 11 2004 00:00

Article publié par Kortex

Bonjour, le premier mot culturel concernera la photographie.

Petit retour en arrière :

Il y a toujours eu une volonté de capter et conserver rigoureusement ce que l'on voit. Dürer utilisait du papier quadrillé et Vermeer utilisait ce que l'on nomme une camera obscura pour dessiner (cela explique les distances parfois étranges entre les personnages de ses tableaux). La camera obscura est l'ancêtre de l'appareil photo argentique : il en existe plusieurs versions, mais en gros, la "chambre obscure" se composait d'une boîte, pouvant parfois contenir une personne, d'un trou ouvert sur l'extérieur, et de lentilles projettant sur un support donné la vision de cet extérieur.

Quand à l'invention de la photographie proprement dite elle fut particulièrement cahotique. Il faut retenir trois noms:

Joseph Nicéphore Nièpce : en s'intérressant aux propriétés photosensibles du bitume de Judée, il réussit le premier à conserver une image réelle grâce à des procédés chimiques : il inventa l'héliographie. A la suite de ces decouvertes il s'entoura de nombreux savants, dont un peintre : Daguerre.

William Henry Fox Talbot : ses recherches sont parallèles à celles de Nièpce, mais ils ne travaillèrent pas ensemble. Pour simplifier et passer sur les procédés chimiques dont je ne maîtrise pas les termes, il est l'inventeur du négatif.

Louis Jacques Mandé Daguerre : il continua les recherches de Nièpce après sa mort et perfectionna l'héliographie. En utilisant des plaques de cuivre recouvertes de cristaux d'iode il inventa le daguérérotype en 1839. On considère que le daguérréotype est le premier stade de la photographie. Le temps d'exposition durait de 10 à 15 minutes.

Le daguérréotype (et les autres progrès de la photo) changèrent notre rapport au monde comme par sa visée scientifique ou pseudo-scientifique, artistique ou personnelle telle que la démocratisation du portrait, la création de souvenirs (ex : photos de mariage). 

La photographie est née de procédés scientifiques, elle posséde un caractère de vérité qu'il faut sans cesse interroger, comme par exemple dans le photo-journalisme et de cette fameuse photo de Robert Capa qui fut accusé de l'avoir mise en scène.

Par norby saint
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Dimanche 14 novembre 2004 7 14 11 2004 00:00

Article publié par Kortex

La photographie changea notre rapport au monde par sa visée scientifique ou pseudo-scientifique (elle permit de nombreuses découvertes), artistique ou personnelle (création de souvenirs). En restituant fidèlement la nature, elle remplaça une des utilités de la peinture : la mimésis ( =reproduction de la nature).

La photographie parle de notre rapport au temps : l’instant photographique. Cette expression retranscrit la fait que le photographe retire un " épisode " du quotidien (avec un date et un lieu donné) pour le confier au regard de ses contemporains qui n’étaient pas présent (par exemple, je vous montre mes photos de vacances) mais surtout pour laisser une trace, un témoignage aux générations futures.

La photographie eut très vite de nombreux adeptes : beaucoup de scientifiques s’intéressèrent à elle, mais aussi des artistes. Les premières relations de la peinture et de la photographie sont très ambiguës. Alors que Ingres la fustige, d’autres la pastiche ( tel Courbet avec l’enterrement à Ornans). Les impressionnistes, quant à eux, invitèrent régulièrement Nadar à leurs expositions.

Les photographes comprirent rapidement la portée de leurs clichés : la photographie permit la démocratisation du portrait et sa multiplication. Ce qui était possible pour le portrait le devint pour d’autres sujets : le mythe de l’aviation par exemple en a largement profité. La photographie permit aussi de faire connaître les grandes batailles : la première guerre à être couverte fut celle de Crimée. Il fut interdit de montrer les corps morts assez rapidement donc de nombreuses de ces photos sont rejouées par leur protagonistes. C’est entre les deux conflits mondiaux que le photo-journalisme moderne naît : le photographe prend part aux assauts et risque sa vie autant que les soldats dont il soutient la cause :il retire un instant du combat pour le faire vivre à ceux qui n’y sont pas. Un des pères fondateurs de ce type de journalisme est Robert Capa.

Par kortex
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Dimanche 21 novembre 2004 7 21 11 2004 00:00
Article publié par Kortex

Comme d’habitude j’ai été un peu dépassé par le thème que je voulais aborder. Il s’agit des expositions / salons qui ont fait date dans l’histoire du XXème siècle. Comme il me faut expliquer le pourquoi du comment je crois que ce thème prendra 3 semaines car il est très concentré ! Cela me permettra de voir venir vos questions :  n’hésitez pas je suis là pour ça, d’autant que les mouvements liés aux expositions dont je parle n’ont pas toujours des liens clairs entre eux et que mon plan n’est pas exhaustif (je le tiens d’un cours sur les modes de présentations) . Je vous donne le plan :
1.        Salon des Refusés / Paris 1863
Les historiens me reprocheront que cette date ne fait pas partie du XXème siècle, c’est vrai, pourtant certains historiens de l’art (les américains surtout) font remonter la modernité à cette date, pourquoi?
2.        Salon d’Automne / Paris 1905
Naissance du mot " fauvisme " et reconnaissance d’un genre marquant.
3.        Exposition suprématiste / Russie 1905
Une révolution loin de nous mais fondamentale.
4.        Armory Show / U.S.A. 1913
Les avant-gardes modernes européennes débarquent outre-Atlantique : comment la suprématie américaine en art s’est construite.
5.        Salon des Artistes Indépendants / New-York 1917
Les européens toujours présent avec une remise en question de l'objet artistique : la naissance de l’art contemporain….
6.        Exposition de l’art dégénéré / Allemagne
Une réalité historique.
7.        This is Tomorrow / Londres 1956
Naissance du pop art et volonté politique de rayonnement culturel (petit prétexte pour moi de vous ouvrir à d’autres réalités : " la vérité est ailleurs ")
8.        Art In Situ / Partout et ailleurs…
Est-ce la fin des musées ?
Salon des Refusés / Paris 1863
Les historiens me reprocheront que cette date ne fait pas partie du XX ème siècle, c’est vrai, pourtant certains historiens de l’art (les américains surtout) font remonté la modernité à cette date, pourquoi?
En 1863 a lieu comme prévu un salon officiel. Cependant cette année-là la sélection est plus restrictive que les années précédentes : 5 000 œuvres proposées pour seulement 2 000 acceptées. Par conséquent de nombreux artistes protestent et pour contenter tout le monde Napoléon III autorise la création d’un salon parallèle qui est rebaptisé " le salon des refusés ".
Ce salon fait date car des œuvres remettants en cause l’académisme de l’époque y sont librement exposées. Manet est au cœur de la tourmente avec " ’Olympia " et " Déjeuner sur L’herbe ". L’intégralité de ce salon ne fut pas forcément à la hauteur des peintures citées plus haut. Ce salon fait éclater le dilemme latent en opposant l’art pompier (=académique) en rupture avec les évolutions de la société que les futurs courants artistique chercheront sans cesse à capter. Un exemple tout bête : aucun peintre pompier n’a jamais représenté les symboles ou les conséquences des révolutions industrielles, largement caractéristique du XIXème : ils préféraient peindre des Vénus sensuelles qui ne répondaient qu’aux attentes d’une bourgeoisie se piquant de goûts aristocratiques (le grand vainqueur du salon officiel fut Cabanel avec une naissance de Vénus).
Salon d’Automne / Paris 1905
Naissance du mot " fauvisme " et reconnaissance d’un genre marquant.
Voici une petite anecdote qui vous permettra de briller en société et d’introduire mon propos. Le mot " impressionnisme " fut créer un peu de la même manière que le mot " fauvisme " : un critique d’art contemple le tableau de Monet " impression, soleil levant " en 1872 et déclare qu’en somme ce ne sont que des impressions : le mot est né !
Le fauvisme est un courant qui n’exista que de 1905 à 1908 environ. Les fauvistes cherchèrent à casser les trouvailles visuelles des impressionnistes en réaffirmant la planéité de la toile, en refusant tout effet de profondeur. Pour cela ils utilisèrent des couleurs quasiment pures. Ils se réclament des impressionnistes bien sur, mais aussi de Delacroix, des pointillistes Seurat et Signac, de Van Gogh du Douanier Rousseau, etc. La plupart d’entre eux sont des élèves de Gustave Moreau.
Mais reprenons : en 1905 un célèbre critique d’art, Louis Vauxcelles, se promènent dans ce salon et remarque un petit vase d’inspiration florentine tel qu’un grand sculpteur de la Renaissance en faisait, Donatello. Pris de compassion pour ce petit vase exposé dans la même salle que les recherches picturale d’un groupe se réclamant des impressionnistes, il écrit dans le complément du journal " Gil Blas " : " Un Donatello parmi les fauves ". Le mot fauvisme vient de naître ! Tout ceci pour illustrer le fait que ces courants ont fait l’objet de moqueries et qu’il en garde la trace jusque dans leur dénomination !
Exposition suprématiste / Russie 1905
Une révolution loin de nous.
Durant cette exposition Malevitch expose plusieurs tableaux de carré noir sur fond blanc. C’est le début du suprématisme. Mais me direz vous, qu’est ce que le suprématisme ? Ce mot découle de suprématie (si, si je vous jure) et il proclame la suprématie de la plasticité de la peinture et rejette toute figuration. Pour cela le suprématisme n’utilise que des formes géométriques. Malevitch tend vers l’absolu par ce rejet de toute figuration qui exprime trop souvent l’anecdotique. Ce courant eut un énorme impact sur les peintres russes (ex : Olga Rozanova, Ivan Klioum, Lioubov Popova, Alexandra Exter, Ivan Pougny). Mais c’est encore Malevitch qui parle le mieux de son mouvement : " Toute peinture passé et actuelle avant le suprématisme (sculpture, art verbale, musique) a été asservie par la forme de la nature et attend sa libération pour parler dans sa propre langue et ne pas dépendre de la raison, du sens, de la logique, de la philosophie, de la psychologie, des différentes lois de causalité et des changements techniques de la vie ". " Sa propre langue " signifie ce que nous nommons la picturalité pour ceux qui se souviennent de " comment lire une œuvre d’art " (je vous avais dit qu’on en reparlerait).
Pour clore cette petite explication du suprématisme je ne vous parlerais pas du constructivisme (grand autre mouvement russe de la même époque). Pour faire le parallèle avec le fauvisme (ci-dessus) je vous demande de vous poser quelques questions : savez-vous ce qu’est un carré ? Je pense que oui…donc vous pouvez vous le représenter mentalement ? En effet les formes géométriques sont des représentations mentales : elles n’appartiennent pas au monde visible, c’est-à-dire que si vous vous promenez en pleine forêt vous avez peu de chance de tomber sur la vision d’un carré mais si je vous parle d’un carré vous voyez ce que c’est : vous le voyez vraiment ! Donc le suprématisme n’est pas un mouvement figuratif, ni un mouvement abstrait.
Par kortex
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Dimanche 28 novembre 2004 7 28 11 2004 00:00

Article publié par Kortex

Armory Show / U.S.A. 1913

Les avant-gardes modernes européennes débarquent outre-atlantique : comment la suprématie américaine en art s’est construite.

La seule importance de cette exposition est d’avoir introduit le public américain aux avant-gardes artistiques européennes avec d’éxéllentes rétrospectives de l’art français, italiens, allemands, hollandais,…

De plus le système d’expositions était extrêmement sophistiqué, ont peut même dire qu’il était aussi important que les œuvres exposés. Voilà.

 

Salon des Artistes Indépendants / New-York 1917

Une remise en question de l'objet artistique : une étape importante de l’art contemporain….

Depuis plusieurs années l’Europe est déchirée par la guerre. Certains artistes ont réussit à la fuir (par je ne sait quel miracle…) et ils organisent un concours. Cependant après les expériences des impressionnistes, des cubistes, des expressionistes, art déco, art nouveau, des dadas qu’est-ce qu’un objet d’art ? On peut convenir qu’un objet artistique n’est pas un objet comme les autres, non ?

Il de différencie tout d’abord d’un objet usuel par le fait que sa seule " fonction " soit d’être regarder (d’où le nom de " beaux " arts voir les classifications historiques la semaine prochaine). On ne s’en sert pas vraiment. Et si il est regardé c’est parce ce qu’il incarne des notions artistiques : la beauté, les valeurs d’une société, un absolu ou une transcendance de je-ne-sais-quoi…pour nous intéressé il faut qu’un objet nous parle de quelque chose au-delà de lui-même. Blablablablabla. Ils titrent ils signent et voilà. Si j’ai oublié des éléments je m’en excuse mais il me semble que cette description sommaire soit relativement correcte, qu’en pensez-vous ?

Revenons au Salon des Artistes Indépendants, dans les membres du jury il y en a un qui s’ennuie ferme et il s’interroge sur les notions citées plus haut. Cet homme n’est pas n’importe qui : il s’agit de l’homme dont André Breton, chef de file des surréalistes, disais qu’il était l’homme le plus intelligent de son époque. Alors pour tromper l’ennui dans lequel le plonge ce salon il envoi anonymement au jury un objet tout fait, avec le minimum de travail pour " artisisé " un objet usuel. Le jury crie au scandale : ils découvrent un urinoir retourné, baptisé " Fontaine "et signé d’un nom mystérieux : R. Mutt. Cet objet tout prêt est le premier de la série des ready-made (=objet tout prêt, ça va c pas compliqué) et Marcel Duchamp, son créateur et membre du jury, ne fera rien pour le défendre.

Cet événement aurait pu rester au rang de l’anecdote si on exepte le contexte artistique de l’époque : cet iconoclasme fascine les dadas à qui l’on rattache depuis Duchamp. Le mouvement dada naquis en Europe de l’est sous l’impulsion du tchèque Tristan Tzara, leur but était de s’opposer aux conventions bourgeoises (et finalement de s’opposer à tout et tous). De nombreux dadas rejoignirent le mouvement surréaliste. Ce qui fascine les dadas et qu’il montre qu’en questionnant l’environnement même de l’objet, notre rapport à l’objet change lui aussi. Cet événement influencera énormément les mouvements suivants : Le pop art par exemple car il parle lui aussi de la réappropriation des objet de consommation de masse ( l’urinoir en question était fabriqué en grande quantité), rendez-vous en 1956.

 


Exposition de L’Art Dégénéré / Munich 1937

Une réalité historique.

Cette date n’est pas normalement citée dans l’histoire de l’art. Pourtant, tout comme le salon des refusés de 1863, elle marque dans le temps une attitude face aux nouveaux courants plastiques, mais qui est à l’inverse du salon précédemment cité mue par une idéologie violente.

Pour cela il faut re-contextualiser l’époque : le national socialisme est au pouvoir. Il souhaite utiliser l’art comme propagande de l’idéal aryen. Les œuvres en contradiction avec l’idéal du régime sont brulées :qu’elles soient littéraires ou plastiques. Comme vous avez pu le voir précédemment de nombreux mouvements remettent en cause les normes traditionnelles (dadas, expressionnisme, cubisme, etc).

Rétrospectivement, le choix des nazie en matière d’art dégénéré concerne tous les artistes marquant de cette époque. Plusieurs critères déterminent ce choix. La haine raciale est au cœur des objectifs de cette exposition : les cubistes et les expressionnistes (mouvement allemand) ont reconnu les œuvres d’autres cultures (Afrique et Océanie), pour les nazie il s’agit d’une perversion de l’art germanique : la " race " la plus pure ne peut culturellement se corrompre auprès des cultures de " race inférieure ". Les débats artistiques ont fait rage auprès des dirigeants nazies: finalement Hitler a tranché pour la position la plus radicale.

Les raisons qui concerne chaque artistes sont très intéressantes. Certains comme Chagall par exemple sont tout simplement juif, par sa stigmatisation les nazis renforce l’antisémitisme. D’autres comme G. Grosz ou O. Dix  ont vécu les horreurs de la première guerre mondiale et sont devenus pacifistes, par leurs peintures ils ont tournés en dérision le militarisme de ce régime. D’autre comme Franz Marc (mort au combat en 1916) furent défendus par certains nazi qui pensait que s’il n’était pas mort il aurait été un des plus grands artistes de son temps. Peut-être que son évolution n’aurait pas plût car il fut un admirateur de Kandinsky (1er peintre abstrait : je vous aie envoyé la semaine dernière la première peinture abstraite auprès de celle de Malévitch) accusé d’avoir inventé un langage morse. Je ne ferais pas la liste complète car il y aurait trop à noter ! Je finirais juste par vous parlez d’Emil Nolde. Ce grand chef de l’expressionnisme fut un temps membre du NSDAP, mais il sera considéré comme suspect et dangereux pour les nazis et en 1941 on l’interdira de peindre. Il figure lui aussi dans cette exposition.

Les chefs nazis souhaitaient voir raillé ces œuvres. Pourtant les mentalités avaient eut le temps de changé depuis le salon des refusés de 1863. Les avancés et les recherches des impressionnistes été désormais comprises du public. Leurs prédécesseurs ne faisaient pas toujours l’unanimité mais ils ne déclenchaient plus l’hilarité dont fut témoins le salon des refusés. La vente (de ce qui n’avait pas été brulé) vit accourir des collectionneurs du monde entier et fut par conséquent une réussite. On ne peut nier que cette exposition acceuillis les plus grands artistes de l’époque.

Par kortex
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Dimanche 5 décembre 2004 7 05 12 2004 00:00

Article publié par Kortex

This is Tomorrow / Londres 1956

Naissance du pop’art et volonté politique de rayonnement culturel (petit prétexte pour moi de vous ouvrir à d’autres réalités : " la vérité est ailleurs ")

1956 : début des trente glorieuses. Notre société de consommation de masse vit ses plus belles heures, et vis à vis de cette consommation de masse se développe une culture spécifique qui en est la conséquence directe : la culture de masse ( surnommée depuis sous-culture). Petites précisions sur ce qui constitue cette culture :les stéréotypes de la publicité, le cinéma, la mode, les B.D./comics, le star-system, et de manière générale tout ce qui touche aux mass-médias.

Les graphismes des mass-médias est de plus en plus utilisés dans les arts appliqués, puis ricoche vers les " beaux arts ". C’est ainsi qu’il se retrouve dans l’exposition " this is tomorrow " et qu’un critique baptise cette mouvance par rapport à un tableau de Richard Hamilton. Ce tableau se nomme "Just what is it that makes our today’s home so different, so appealing ? "  (= mais qu’est ce qui fait que nos maisons d’aujourd’hui sont si différentes, si attrayantes). Dans ce tableau ont peut voir un collage d’une sucette faisant office de raquette à un body builder avec écrit dessus " pop ".

Le pop art est une mouvance anglo-saxonne. Il y a le courant anglais qui est fasciné et ironique sur l’américan way of life, et le courant étasuniens, plus cynique. C’est à cette date aussi (l’après-guerre) que les Etats-Unis décide de mener une politique de rayonnement culturel . Cette politique va rencontrer deux mouvements majeurs du siècle : l’action painting et le pop art, avec chacun leur figure charismatique : Jackson Pollock pour le premier et Andy Warhol pour l’autre. L’Amérique de cette époque était prête à supplanter les avant-gardes européennes les artistes américains ayant pu profiter des recherches des modernes avec l’Armory show et la venue de plusieurs grandes figures durant les deux périodes de guerre (Duchamp, les professeurs du Bauhaus, des surréalistes, ect).

Le pop art réaffirma aussi l’importance de la représentation, affirmant son importance face au médium d’exposition et face à l’abstraction. J’ajouterais aussi que de très grands artistes américains passèrent de l’action painting au pop art, tel Jasper Jones, bien que Pollock et Warhol se haïssaient.

Art In Situ /Partout et ailleurs…

Est-ce la fin des musées ?

Alors pour répondre à cette question fatidique je vous demanderais de vous remémorer la fontaine de Duchamp (1917). En effet depuis les avant-gardes (qui occuperont mon thème de la semaine prochaine), chaque mouvement à chercher à casser des conventions et à aller à la limite de ce que l’on nomme " art ". On peut constater que le travail de Duchamp sur l’urinoir questionne l’objet d’art mais aussi la sacralisation de ce même objet par sa place à l’intérieur d’un musée. Ainsi cette " fontaine " perdrait toute sa portée artistique hors de ce type d’institution. Je sais que certains d’entre vous sont encore peu convaincu de la portée artistique de l’objet cité précédemment (n’est-ce pas An-so) mais ce raisonnement doit être compris avant que je développe l’art in situ.

Les plus malins (ou les plus cultivés) auront compris que l’art in situ signifie tout simplement " art sur site " c’est à dire de l’art en dehors du musée. Vous comprenez le parallèle avec Duchamp. Le premier courant fut le land art avec " Spiral Jetty ". A travers cette extraction du musée, les règles et les conventions de ce qui est art disparaissent. Ce type de courant apparu durant les années 70, il marque une opposition à la sacralisation dont je viens de parler et aussi un retour à la nature. Il y a aussi de façon plus marqué un rejet du marché de l’art, puisque rien n’est à vendre ( ce qui rappel aussi le but de l’art conceptuel). On peut remarquer aussi avec le land art que les œuvres n’étaient pas destinées à la postérité : au contraire leurs destructions naturelles fait entièrement partie de l’œuvre. Le land art est très marqué dans le temps mais l’art in situ a encore de beaux jours devant lui (autre exemple : les emballages de Christo).

Cependant ne vous inquiétez pas : les musées sont loin d’être mort. En effet ont ne peut que constater l’art d’aujourd’hui n’entre pas vraiment dans le cadre de nos si différentes et si attrayantes maisons. La place manquerait entre les happenings, les installations et l’art in situ. Cette fin de siècle est d’un point de vue artistique marquée par une multitude de médiums (vidéos, installations, performances, peintures, photos, affiches, …). Il est trop tôt pour dire quels sont les mouvements marquants depuis les années 80. Je me risque à une remarque :tout d’abord la séparation entre les arts déco et les beaux-arts est totalement morte, en outre les courants les plus marqués découlent de l’architecture et du design :le high-tech et le postmodernisme (n’est ce pas Sandrine). Si ces deux courants vous intéressent, ils peuvent faire l’objet d’un autre mot du jour. ^_^

Par Kortex
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Dimanche 19 décembre 2004 7 19 12 2004 00:00

Article publié par Kortex

J'espère que chacun a bien l'architecture du centre beaubourg en tête : ses gros tuyaux de toutes les couleurs (mais qui n'ont pas été choisi au hasard, nous le verrons) et surtout sa structure ! Vous l'aurez compris c'est d'architecture dont parle ce mot.

Pourquoi le centre beaubourg? Pour vous parler de deux grands courants actuels parcourant à la fois le design et l'architecture.

Le High-tech : je crois que tout le monde connait à quel type d'esthétique épurée ce mot renvoie. High-tech pour haute-technologie (sisi je vous assure) mais haute-technologie de quoi? Celle du matériau en fait, il s'agit de pousser au plus loin les possibilités techniques et de le mettre visuellement en valeur (à l'inverse du style international: peut-être un autre mot du jour?). On parle de re-valorisation de l'ossature de l'objet / de la construction : c'est donc à sa structure et aux matériaux qui la composent que l'on doit la beauté de l'édifice / de l'objet. Cette recherche permanente de performances techniques poussent les concepteurs high-tech à trouver de nouvelles formes défiant à nouveau la matière.

Le Post-modernisme : à l'inverse du high-tech, le post-modernisme ne recherche pas les limites du matériau. Le post-modernisme s'intérresse à la portée affective, culturelle voire humoristique de l'objet / batiment à partir de l'utilisation du matériau et de sa forme. Ce courant fait un pied-de-nez aux conventions et en joue pour offrir à celui qui le regarde une réflexion sur nos repères culturels.

Alors, d'après vous, duquel de ses courants antagonistes est le centre beaubourg?

Réponse au prochaine épisode!

Par kortex
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Dimanche 16 janvier 2005 7 16 01 2005 00:00

Article publié par Kortex

Bonjour!

Tout d'abord la réponse à la question de la semaine dernière. Comme vous vous en doutez, il y avait un piège. En effet l'achitecture du centre Beaubourg présente tous les aspects du high-tech, avec notamment les structures à l'extérieur qui font penser à des échafaudages et qui mettent en valeur la structure même du bâtiment. Cependant, ce qui saute en premier aux yeux, ce sont les couleurs des tuyaux du centre qui ne mettent pas en avant le matériaux mais signifie pour nous leur utilité. Ces couleurs ont été choisis par convention culturelle : il s'agit donc d'un principe post-moderniste. Les architectes de ce bâtiment sont Piano et Rogers qui sont plutot classé parmi les post-modernistes même si comme ils sont en activité cette classification peu être rendu obsolète d'un jour à l'autre.

Les Ready-Made de Duchamp

Les Ready-made sont parmi les oeuvres les plus subversives de notre siècle.

En effet ils nous poussent à réfléchir sur 3  questions:

1) la question de l'objet

Duchamp a joué avec les codes des objets d'art.

2) la question du lieu

Le ready made est un objet du quotidien qui a été déplacé pour le rendre différent à notre regard, par conséquent c'est aussi une réflexion sur la sacralisation que donne un musée à un objet. 

3) une petite recontextualisation: une oeuvre avant tout dada!

Le mouvement DADA est très difficilement explicable. Cependant on peut voir dans leur refus de tout, un refus de la création aussi (et oui!). Dans ce contexte on peut dire que les ready-made, même s'ils ont survécu à Dada, sont les oeuvres qui ont le mieux nié tout acte de création.

Des questions?   

Par kortex
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Dimanche 30 janvier 2005 7 30 01 2005 00:00

Article publié par Kortex 

Coyote-Joseph Beuys "I love and loves me." 1974

          
           
La sirène d'une ambulance retentie dans les rues de New York en ce mois de Mai 1974. Pourtant cette ambulance ne se dirige pas vers un hopital. Le véhicule s'arrête, les portes s'ouvrent et les ambulanciers emportent le brancard avec toute l'urgence qui caractérise leur profession. L'homme dans le brancard est entouré de feutre. Il est arrivé ce matin-là à l'aéroport Kennedy: l'ambulance l'attendait à sa descente d'avion. Il n'a pas foulé une seule fois le sol américain. Il repartira de la même manière, une semaine plus tard, sans avoir foulé le sol américain. Cet homme, c'est Joseph Beuys.

            Il passa cette semaine dans une galerie d'art, avec pour seul compagnie un coyote recement capturé.

            Un homme aurait donc fait tout le trajet d'Allemagne jusqu'au Etats-Unis pour n'établir de relation qu'avec un coyote? En fait le titre de cette performance est très ironique, car la presse américaine dénigrait le travail de J.Beuys. Quand à lui il leur montra son mépris par cette performance. En effet JB ne denigre pas tout dans la société américaine, il ne denigre pas les coyotes. JB n'aimait pas le recours au symbole, pourtant ici le coyote en ait un (il l'a déclaré).

            Le coyote fut un animal divinisé par les indiens et chassé par les colons. C'est pour cela que JB à chercher à apprivoiser ce coyote, c'est pour cela que JB à chercher  à faire uriner le coyote sur les 10 exemplaires du New York Times qui leurs étaient quotidienenment livrer.

            Ce travail est l'un des plus connu de Beuys car il exprime très bien sa pensée, celui d'un homme moderne qui offre au regard une confrontation avec la nature.

Par kortex
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Dimanche 6 février 2005 7 06 02 2005 00:00

Article publié par Kortex

Roy Lichtenstein "M-Maybe" 1965

 
            Roy Lichtenstein debuta sa carrière de peintre dans l'expressionisme abstrait. Puis au tournant de l'année 1962 il s'interressa au moyen de communication des mass-médias. C'est ainsi qu'il rejoint les rangs du pop'art (Andy Warhol, Richard Hamilton, James Rosenquist, David Hockney) et qu'il acquit un style personnel. Le travail de R. Lichtenstein se porta surtout sur sa ré-interpretation des vignettes des comics americains. En les agrandissant il nous donne à voir un monde stéréotypé, dont les personnages sont enfermés par le lourd contour noir de leur dessin. R.Lichtenstein couvrait certaines zones de motifs (type petits points) ce qui fausse la sensation de profondeur due au tracé du dessin: leurs corps ont des proportions idéales mais ils n'ont aucun relief! En effet, pour R. Lichtenstein, les moyens de consommation de masse sont surtout l'expression d'une vie mécanisée et d'une negation de l'individu. C'est ainsi que grâce à l'agrandissement des vignettes de BD, en les tirants de leur contexte initiale il pose sa reflexion sur un mode de vie stéréotypé, superficiel et emprisonné dans un carcan.

Par kortex
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Lundi 14 février 2005 1 14 02 2005 00:00
Article publié par Kortex

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) est un peintre milanais de la Renaissance. Il travaillait surtout à la Cour de Prague pour 3 monarques successifs : Ferdinand Ier, Maximilien II et Ferdinand II. Toute son œuvre tomba dans l’oubli après sa mort, jusqu’à l’arrivée des surréalistes. Ils se sont reconnus dans son travail comme par exemple ses peintures les plus connues, les Quatre Saisons, où l’on voit de s visages composés de fleurs, fruits & légumes. Cependant, Arcimboldo ne s’est pas arrêté au jeu des formes et des couleurs. Il a aussi interrogé notre perception à travers des tableaux réversibles d’où le sujet change selon le la position.

 
Liens vers la base de données du Louvre (ce sont les Quatre Saisons, et non les tableaux réversibles)

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=14269

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=14268

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=21517

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=14270

Par kortex
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